MagA - Secteur Koutloukis : Bâtiment L / Koutloudis Sector: Building L

Français

Abréviation du Projet: 

MagA

Éphorie(s): 

Ancienne(s) Éphorie(s): 

Type de Recherche : 

Directeur(s) de Projet: 

Former Director(s): 

Type de Permis : 

Date du Projet : 

Vendredi, Juin 1, 2012 - Lundi, Juillet 25, 2016

Source de Financement: 

Période du Projet: 

Description du Projet : 

En 2013, nous avons étendu la fouille du bâtiment « H » au Sud et avons trouvé ce qui deviendrait le bâtiment « L ». Lors de la campagne de 2013, 5 pièces-boutiques ont été dégagées. La limite Ouest de cette structure avait été trouvée et puisque le mur qui la bordait se poursuivait vers le Sud, donc devant les pièces, nous avions émis l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’une stoa composée de boutique à l’arrière et d’une allée couverte devant.

En 2014, cinq autres pièces se sont ajoutées à celles déjà découvertes, mais toujours pas de limite Est. Nous avions également fouillé la zone devant la porte de certaines des pièces. La découverte d’amas de tuiles devant certaines de ces portes nous a amené à remette en question la forme du bâtiment. En effet, ces tuiles paraissent indiquer la présence d’auvents placés au-dessus des portes pour protéger de la pluie l’entrée des pièces. Ces pièces ne pouvaient donc pas appartenir à une « stoa ».

Afin de mieux comprendre le développement architectural du secteur, il devenait essentiel de poursuivre la fouille vers l’Est, afin de trouver la limite orientale de ces complexes. C’est ce qui a été fait durant la campagne 2015, grâce à l’acquisition d’un nouveau terrain. Les résultats de cette campagne de fouille sont fascinants. Nous savons maintenant que le complexe est composé de 12 pièces-boutiques, dont les dimensions peuvent varier légèrement d’une pièce à l’autre, mais qui en moyenne sont de 5 mètres de large sur 7.50 mètres de profondeur (longueur totale du complexe 61.47 mètres).

En 2016, nous avons poursuivi la fouille de trois pièces du bâtiment « L », L8, L11 et L12. Dans la pièce L8, seule la moitié avant avait été fouillée jusqu’au sol du Ve siècle. L’objectif était donc d’atteindre ce même sol dans la moitié Nord, ce qui a été réalité. Mise à part la structure rectangulaire érigée à l’angle Sud-Est, déjà dégagée en 2015, aucune autre structure construite n’a été trouvée dans la pièce. Toutefois, les restes de plusieurs fragments travaillés de bois de cerf laissent penser qu’on y fabriquait (et vendait…) des objets fabriqués à partir de ce matériau. Dans la pièce L11, l’objectif était d’atteindre le sol du Ve siècle. Cette pièce comporte une particularité à l’arrière, la présence d’une banquette accolée au mur du fond sur toute sa largeur. À l’avant, à droite de l’entrée, à l’angle Sud-Est, les fouilleurs ont aussi dégagé le fond d’une amphore ainsi que le support d’une autre, les deux in situ, quelques tuiles posées à plat et les fragments d’un grand couvercle de pithos en schiste. Notons aussi qu’alors que la plupart des seuils du bâtiment « L » sont placés au centre de la façade, celui-ci est décalé légèrement vers l’angle Sud-Ouest. Enfin, on a poursuivi la fouille de la pièce L12, celle qui ferme le bâtiment à l’Est. L’élément le plus intéressant est la mise au jour d’une plateforme à l’angle Sud-Est constituée de pierres plates et de grosses briques d’argile. Il s’agit peut-être des restes d’un four.

Pour ce qui est de la chronologie, nous avions déjà déterminé en 2014 que le complexe comportait au moins deux phases d’occupation, correspondant aux deux phases les plus récentes de l’occupation sur le flanc Sud-Est de la colline, soit une datant de 475-460 à 425-400, l’autre de 425-400 à 357. Ces deux phases ont été trouvées dans toutes les pièces du complexe « L ». Toutefois, nous avons fait remarquer, que certaines caractéristiques de la maçonnerie employée dans la construction de mur de fond sont comparables à celles des édifices archaïques sur le site et qu’il ne serait donc pas étonnant de trouver une occupation remontant au VIe siècle. Cette hypothèse a été confirmée en 2015. Dans une des pièces, L6, les fouilleurs ont fait une découverte inattendue. En dégageant le sol « ancien », ils ont remarqué la présence de poches de sable. En réalité, il s’est avéré que ce sol reposait sur un remblai de sable de 60 à 80 cm d’épaisseur. Sous ce remblai, les fouilleurs ont dégagé un sol qui date au plus tard du milieu du VIe siècle, comportant entres autres deux cavités au centre desquelles on avait posé une pierre plate servant sans doute de base à des montants, sans doute en bois. Reste à voir si d’autres pièces du complexe, voire toutes les pièces, comportent aussi un état du milieu du VIe siècle.  

Nous progressons de plus en plus en ce qui a trait à la compréhension de la fonction des pièces du bâtiment. Il semble que toutes les pièces, lors de la phase d’occupation de 475-460 à 425-400, avaient une fonction commerciale, c’est-à-dire que l’on y fabriquait et/ou vendait des denrées. Si plusieurs paraissent avoir maintenu le même type d’activité lors de la phase récente d’occupation, 425/400 – 357, une au moins, L1, a servi (aussi ?) d’habitation. La nature des denrées produites et/ou vendues n’est toutefois pas facile à déterminer. La présence d’une maie dans la pièce L4 témoigne de la présence d’un pressoir (huile ?). Dans la pièce L7, la découverte en 2015 d’une importante quantité de pesons de métier à tisser et d’un bassin servant, croit-on, à la teinture des tissus, apporte des indications précieuses sur la fonction de la pièce. D’autres pièces contenaient quelques amphores de transport. Nous avons demandé l’aide à une archéobotaniste de l’Université de Thessalonique, Eugenia Gkatzogia, qui a procédé à des prélèvements de terre dans plusieurs des pièces. Nous attendons les résultats de ses analyses.

Composante : 

Site Web du Projet: 

www.argilos.org